Tant de soucis.
On a tous le besoin d’organiser notre vie, de trouver une ressource à chaque besoin. Le problème vient de ce qu’en prenant soin de sa vie, on finit par se convaincre que Dieu n’y est pour rien et que nous ne sommes pas responsables du sort des autres.
En somme, une vie où l’on n’a besoin de personne d’autre que soi. Mais il y a les imprévus et parfois, tout s’écroule et il faut reconstruire. On ne comprend pas toujours la leçon, à savoir nos fragilités. Jésus nous enseigne qu’il y a des soucis inutiles, comme la recherche d’un corps parfait ou d’un vêtement griffé. Il y a les vrais soucis : la faim, la santé, la solitude, la détresse des marginaux, la recherche de la paix et de la réconciliation. Jésus nous rappelle que le Père partage et qu’il veut donner une réponse avec nous et par nous. Quant à nos soucis, il faut faire la part des choses entre ceux qui sont artificiels et secondaires et ceux qui sont fondamentaux et essentiels. Les vrais soucis nous rapprochent de Dieu alors que les faux nous en éloignent.
Ne vous faites pas tant de souci, insiste Jésus. Cherchez d’abord le Royaume et sa justice, tel est le souci par excellence. Ce qui est merveilleux, c’est que, la plupart du temps, les autres soucis sont comblés par surcroît... alors, dire merci du fond du cœur, c’est le plus beau geste, car pour cela, il faut apprendre à recevoir, à apprécier le geste de la personne qui donne. Dire merci c’est achever le cycle du don (donner, recevoir, rendre) et garder au cœur non pas une blessure, mais une ouverture, la mémoire d’un bienfait reçu. Vivre dans la création de Dieu, c’est se recevoir soi-même comme un don que Dieu nous fait. Chaque matin il faut dire merci à la vie, merci à Dieu pour l’existence même qui coule en nous. Découvrir la joie d’être. Avant tout travail, toute transformation, accepter de n’être qu’émerveillement devant la grâce que Dieu nous fait. Que le chant de la terre passe par notre voix, et que notre cœur vibre aujourd’hui à la générosité de la terre et à l’amour que Dieu nous donne par Jésus son Enfant. Bel automne.
Abbé Michel Boisaubert







