Notre monde ! Quel chantier !

Le temps des vacances se termine… les uns et les autres, partis ailleurs ou restés ici, nous avons pu vivre à un autre rythme, décompresser un peu, vivre des rencontres sympathiques et prendre le temps de la rencontre et des partages.Mais il faut bien rentrer et reprendre le travail, quel qu’il soit : à l’école, au bureau, à l’usine ou dans les champs…

J’aime travailler. Et je dois cet amour du travail à des images bien inscrites dans l’album de mes souvenirs. Depuis mon enfance, je suis témoin d’hommes et de femmes dont le labeur m’inspire et me fascine. Je pense au boulanger de mon village. Je le vois encore sortir le pain de son four. Je pense à mon père qui bêchait patiemment son jardin. Je vois ma mère autour de ses pots de confiture.

C’est tellement beau, le beau travail bien fait! On devine l’habileté de l’artisan, sa compétence. Même dans la tâche la plus humble, l’intelligence humaine se laisse reconnaître. Parfois même, le génie de cet être qui gère la planète parmi tous les vivants qui habitent celle-ci.

Il y a des ratés, il faut l’avouer. Le travail n’est pas toujours une réussite. Mais que de réalisations signées par l’être humain. Dieu lui a confié un chantier énorme, une nature en vrac, aux lois pas toujours évidentes.

Depuis des milliers d’années, travailleurs et travailleuses s’acharnent à transformer la création, à la comprendre et lui faire produire le meilleur d’elle-même. Ils cherchent à percer ses secrets qui sont autant de cadeaux offerts aux vivants pour leur bien-être et même leur bonheur. Le travail peut être créateur de richesse. Il doit l’être. Dans un monde où la pauvreté est de plus en plus étouffante, il est essentiel que le travail crée de la richesse. La nature est appelée à donner le meilleur d’elle-même. Nous avons à travailler dans le respect de la création et de ses créatures, en essayant de partager le plus équitablement possible la production de cette nature.

À travers l’histoire de l’humanité, le travail a connu et connaît encore de multiples visages: de beaux visages, mais aussi des visages blessés, des regards tristes… En ce temps si prometteur par ailleurs, pouvons-nous espérer que la personne puisse profiter de son travail pour accéder à la dignité? Pouvons-nous souhaiter que les générations qui nous suivent puissent garder de notre travail de beaux souvenirs, des souvenirs qui les enthousiasment dans leur propre activité au chantier du monde?

A tous ceux et celles qui reprennent l’école, le travail et leurs préoccupations, je souhaite une belle rentrée joyeuse et pleine d’espérance.

Abbé Michel Boisaubert.