Beau chemin de Carême
Si le carême revient chaque année, c’est qu’il dit une dimension importante de notre vie. Ce n’est pas une parenthèse.
Pour accueillir le meilleur de ce que Dieu donne, il faut se préparer et se dépouiller. Nous avons besoin de nous laisser transformer par Dieu. Trois mots peuvent résumer ce temps : combat, mémoire et foi. Notre existence est souvent un combat. Il faut travailler, faire face aux soucis de la vie : la maladie, le chômage, les problèmes du couple…. Parfois la vie en société est difficile aussi ! Les évangélistes de ces 40 jours, comme d’un temps d’épreuve. Et ils montrent Jésus en train de combattre des tentations.
Toutes les tentations ne sont pas mauvaises. Si vous êtes tentés de faire plaisir à quelqu’un, ce n’est pas une mauvaise tentation. Si vous êtes tentés de prendre des vacances, ce n’est pas nécessairement interdit. Il y a donc de bonnes tentations pour votre plaisir, pour la joie de vos proches, pour le bonheur des uns comme des autres. Devant ces tentations-là, il ne faut pas se gêner : succombez ! Sans hésitation, succombez!
Il y a aussi les mauvaises tentations. Celles qui portent au mal. Si vous êtes tentés de blesser quelqu’un, c’est sans aucun doute une mauvaise tentation. Si vous êtes tentés de consommer à outrance, retenez-vous. La mauvaise tentation nous invite toujours à dévier de ce que nous sommes devant Dieu. La mauvaise tentation conduit à ternir le sens de notre vie ou à chercher à devenir ce que nous ne sommes pas vraiment. La mauvaise tentation propose la médiocrité et tout ce qui lui ressemble.
C’est le cas des tentations de Jésus. La tentation l’invite à se prendre pour un autre, à choisir de profiter de son pouvoir pour lui-même. Choisir le matérialisme comme si c’était le bonheur, choisir le pouvoir comme une forme d’épanouissement de soi, se choisir comme absolu. Ce sont là des mauvaises tentations. Mais elles amènent Jésus à faire des vrais choix : suivre sa voie et non dévier vers des sentiers douteux. Jésus choisira de vivre sa vie en respectant jusqu’au bout le sens de cette vie. Jésus choisira de vivre sa dignité d’homme quels que soient les obstacles qui se présenteront sur sa route. Jésus vit ce combat spirituel… C’est réconfortant pour nous qui vivons des épreuves semblables tout au long de notre vie. C’est d’autant plus réconfortant que l’issue du combat de Jésus se présente comme la victoire qui nous attend si nous acceptons d’être fidèles à nous-mêmes comme à Dieu.
Le père de Clorivière qui a restauré les jésuites en France au 19 e siècle, avait été emprisonné injustement de 1804 à 1808 disait ceci : Il n’y a pas d’amour sans souffrance, pas de maternité sans douleur, pas de fécondité sans patience. Que ce Carême soit pour nous tous un vrai chemin de fraternité où nous apprenons à mener le combat de l’Amour.
Abbé Michel Boisaubert Doyen







