Divers et complémentaires
Des noirs, des blancs! Des blonds, des bruns, des roux. Il y a de tout sur notre terre qui ressemble à un jardin de curé. Les fleurs se côtoient sans se ressembler, ni avoir des parentés. Tout est pêle-mêle dans la foule humaine.
Et ce n’est pas facile. Les langues sont tellement diverses qu’elles communiquent parfois difficilement. Même quand nous faisons appel aux gestes. Sur l’atoll où j’étais cet été, il y a des gestes de la main pour dire la joie qui seraient considérés ici comme une agression…
Pas surprenant qu’il y ait des petites frictions entre personnes et entre les peuples. Nous nous chicanons pour des idées, des prétentions, des conquêtes… Parmi nos grands rêves, nous retrouvons souvent une soif de paix, d’harmonie, de réconciliation.
Parfois, nous oublions que nos différences ne sont pas nécessairement des différends. Il y a quelque chose d’enrichissant à ne pas être identiques. La nature est là pour en témoigner. Les champignons n’ont pas la grandeur de l’arbre mais ils profitent de son ombre pour se développer. Nous sommes nés de la différence entre une femme et un homme.
La mentalité actuelle voudrait une pensée unique. Des puissants veulent dominer et imposer leurs idéaux, leurs cultures, leurs options économiques et philosophiques. Mais il n’y a pas d’avenir à niveler. Nous ne pouvons nous unir qu’en respectant nos différences. Nos diversités nous font vivre. La société vit et se développe grâce à nos complémentarités.
Dans la Bible, Dieu bénit cette différence. Il a même brisé un projet qui allait en sens contraire. À Babel, on voulait construire une ville aussi haute que le ciel, avec une seule langue. Le récit laisse entendre que les humains se dispersèrent sur toute la surface de la terre, avec pour conséquence que la distance favorise la différence.
Les humains se dispersèrent après Babel. Ils se dispersent encore de nos jours. Ils se marient. Ils ont ainsi l’occasion d’inventer l’harmonie dans le déséquilibre, la beauté dans la diversité, la richesse dans la complémentarité. Alors, cette année, prenons donc le temps de regarder, d’admirer et d’accueillir en sachant que le frère différent, n’est pas un agresseur, mais un cadeau que Dieu me donne à aimer. Bonne rentrée à tous !
Michel Boisaubert curé.







