Partir, se mettre en route… avancer !

L’Épiphanie, fête des Rois, c’est aussi la fête des « Chercheurs de Dieu». C’est Dieu qui se manifeste à l’universel symbolisé par trois étrangers.

Ces sages influents dans leur pays, sans doute la Perse, adeptes de la doctrine de Zarathoustra, arrivent à Jérusalem. Combien étaient-ils : deux, trois, quatre, huit, et même douze selon les traditions syriennes et arméniennes ? « Où est le roi des Juifs qui vient de naître», demandèrent-ils ? La question troubla le roi Hérode, tandis que les juifs l’entendaient avec scepticisme, sans toutefois demeurer parfaitement indifférents, car ce que ces étrangers annonçaient se trouvait au cœur de leur espérance. Ces mages avaient été conduits jusqu’à Jérusalem par une étoile, un signe fort qui les a mis en route et conduits au cœur de la foi. Dans la fragilité de l’enfant, ils reconnaissent la « grandeur » de Dieu:

Ils lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe. Pour ces païens, un signe a bouleversé l’existence, un signe qu’ils ont gardé dans leur cœur pour le méditer et voir toute sa portée. Notre foi sera vraie si elle nous poussait un jour hors de nous-mêmes au lieu de demeurer pur savoir théorique.

Nous, nous restons enlisés dans nos idées toutes faites. Au lieu de voir dans notre quotidien et le prochain un signe susceptible de nous interpeller et nous pousser plus loin dans notre quête de Dieu. « Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais trouvé », écrivait saint Augustin. D’aucun sont toujours « en état de recherche », façon élégante d’exprimer le doute, l’indifférence dans lesquels ils se sont plus ou moins installés pour justifier la liberté de n’adhérer à rien. D’autres s’informent, réfléchissent. Enfin, une troisième catégorie de chercheurs, ceux qui cherchent parce qu’ils ont trouvé et ayant trouvé, ils cherchent plus encore, pour mieux aimer et se laisser aimer. La foi et les signes des temps s’interrogent mutuellement. La Bible d’une main et le journal de l’autre. Aux problèmes nouveaux, la foi tente de trouver des réponses nouvelles en scrutant toujours davantage le cœur de la foi. Mais, c’est vers les choses de Dieu qu’elle s’oriente davantage.

Chercher à comprendre toute la tendresse de Dieu, dominer notre crainte de Dieu qui tend toujours à faire prévaloir la sévérité du juge sur la bonté infinie du Père. Libérer l’Esprit de Dieu qui nous met en route.

Chercher la volonté de Dieu. Et, dernière étape de la quête de Dieu, le chercher dans les autres. Aimer les autres tels qu’ils sont, comme le Christ nous a aimés. C’est le réalisme de l’amour et non plus le rêve d’un amour impossible, drame de toute désunion. «Cherchez Dieu et vous vivrez», « Joie pour les cœurs qui cherchent Dieu ». Tel sera l’astre que les mages de notre temps, ces chercheurs de Dieu poursuivront dans leur quotidien sur des sentiers d’émerveillement et d’amour…pour repartir, comme les mages « par un autre chemin » Beau chemin de tendresse et d’attention au signe discret qui envoie à l’aventure.                           

  Abbé. Michel Boisaubert