Devant la crèche
Une famille prie devant la crèche de l’église… Noël nous fait bouger. Depuis la fin d’octobre, la publicité nous en parle. Elle aiguise en nous le désir de la fête. Les pères Noël embrassent les enfants dans les centres commerciaux. Les chants de Noël prennent leur place…
Mais pourquoi sommes-nous ici, devant la crèche ? Nous sommes venus pour le plaisir de fêter. Nous avons le cœur à la joie. Aujourd’hui, nous nous laissons aller à rêver. Nous avons besoin, de temps à autre, de ces temps de rupture avec la monotonie du quotidien. Nous avons besoin de ces temps de gratuité parce que le travail nous oblige à être rentables, à être utiles. Nous avons besoin de fêter pour entretenir en nous le goût de vivre.
Nous sommes aussi venus non seulement à cause de l’enfant dans la crèche, mais, de l’enfant qui dort en nous. Noël, c’est la fête du merveilleux, la fête des enfants. Et nous faisons une concession à cet enfant que nous avons été ou que nous aurions voulu être. Pendant quelques heures, nous le laissons respirer.
Nous sommes aussi venus à cause d’une grande « dame » qui n’est pas beaucoup respectée. Les uns l’appellent «la paix» ; d’autres «la fraternité». Dites ! Pourrions-nous faire la trêve ? La trêve entre les pays, la trêve entre les compétiteurs, la trêve entre les générations, la trêve dans la famille. Nous souhaitons qu’un jour, elle devienne une réconciliation définitive.
Nous sommes aussi venus ici à cause de Dieu. À Noël, nous célébrons Dieu qui est venu nous rencontrer, un Dieu qui s’est fait tout petit pour ne pas nous effrayer et pouvoir entrer chez nous… Dieu s’intéresse à nous et nous dit : «Si c’était vrai… l’amour c’est possible. Je t’envoie mon Fils. Si c’était vrai… l’amour. »
À Noël, Dieu me parle : «Veux-tu? Veux-tu être mon compagnon pour construire un monde où les hommes et les femmes pourront se regarder sans avoir peur les uns des autres ? Veux-tu collaborer avec moi à réaliser ce rêve fou de la fraternité universelle? Veux-tu prendre le risque de marcher dans les pas de cet enfant dont il faudra vite oublier les joues roses en cire, puisqu’il va te conduire là où tu ne choisirais pas d’aller. Il est le Prince de la paix, mais pas une d’une paix facile. Ce n’est pas qu’une absence de guerre. La paix ne peut exister que si nous nous reconnaissons tel que nous sommes, si nous nous acceptons sans condition. En cette fête de Noël, Dieu nous propose un projet, un projet difficile où nous risquons de perdre des plumes. Mais Dieu sait ce qu’il fait et il sait ce que nous valons. Aussi n’hésite-t-il pas à nous dire :«Veux-tu?»
Alors, à Toi, à Tous : très joyeux Noël ! Paix dans ta famille et dans ton cœur !
Abbé Michel Curé. Doyen







