Joyeux Noël ! Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté !
Noël, c’est d’abord une lumière qui jaillit dans la nuit des temps. Une lumière qui s’appelle Amour. L’Amour fait homme, l’Amour fait chair. N’est-il pas merveilleux que la naissance de l’Amour, son Incarnation sur cette terre y coïncide avec la renaissance de la lumière ?
Souvent, j’ai l’impression de porter en moi, au fond d’un recoin de mon être, la mémoire de ces longues nuits d’attente de mes ancêtres. Il faut avoir vécu longtemps dans la nuit moralement, mais aussi physiquement, pour apprécier la lumière.
Avant Noël, bien avant Bethléem, les peuples fêtaient la lumière sans encore savoir l’identifier avec l’Amour. Ainsi, nous attendons la lumière avant d’y reconnaître l’Amour. Quelle grâce de trouver les deux à la fois, dans la même nuit : celle de Noël. Oui, Noël, c’est tout d’abord la lumière qui jaillit dans la nuit. Elle jaillit du dénuement, de l’abandon, de la pauvreté. Elle surgit de la faiblesse. Elle prend l’inconfort comme support. La lumière voit le jour là où personne ne l’attend. N’en-est- il pas souvent ainsi de l’Amour ? La lumière surprend l’obscurité avant de la vaincre, elle aveugle les yeux dans les ténèbres avant des les ouvrir. Ainsi, l’Amour surprend-il ceux qu’il prend et tient dans sa main. Noël, c’est la lumière et c’est l’Amour. Toute lumière, de même que l’Amour, ne procède que d’une seule et même nature.
Noël, c’est aussi l’enfant, l’innocence, la pureté, la faiblesse. Pour comprendre Noël, il faut redevenir enfant. Il faut que le cœur puisse s’attendrir et s’émouvoir de tant de beauté et de grâces fragiles rassemblées dans un même lieu, dans une même nuit.
Puis Noël, c’est l’espoir, un espoir fou, un espoir intolérable. C’est un fleuve de rêves, un océan qui charrie l’espoir des hommes vers cette longue nuit unique, cette nuit de clarté.
L’extraordinaire, c’est que Noël est devenu un événement qui appartient à tout le monde. Gardons-nous bien de nous retirer ou de mépriser les pratiques festives qui manifestent la lumière. Les croyants et les croyantes n’ont pas le monopole de la fête. Au contraire, entrons dans la fête. Sans perdre de vue cependant, notre espérance.
Entrons donc dans ce temps de Noël qui nous conduit à devenir des disciples missionnaires de la Lumière Véritable. Saintes fêtes de Noël à toutes et à tous !
Père Michel Boisaubert







