Carême : chemin de Liberté !
En écoutant les journaux télévisés, les fausses rumeurs qui circulent sur Internet, les grandes déclarations face aux futures élections, je ne peux qu’être inquiet : nos sociétés jouent à se faire peur… peur de demain, peur de l’étranger, peur de celui qui ne pense pas comme moi ! ! !
Toutes ces peurs nous paralysent, et, comme les Hébreux bibliques, nous font loucher vers des replis identitaires, vers la méfiance et finalement vers « l’enfer-me-ment » !
Les idoles ne manquent pas et lorsque vous regardez de plus près leur fonctionnement, vous voyez qu’elles entraînent toujours le mensonge, la falsification du réel, de la vérité. Nous avons toujours à sortir de l’univers du mensonge, parce que c’est le mensonge, sous toutes ses formes, qui rend esclave, qui emprisonne, qui fausse le désir, qui le fait dévier radicalement.
Dieu ne remplacera jamais la part de responsabilité qui nous revient. Il nous laisse nous débattre avec nos peurs parce qu’elles sont école de vie, de sagesse. Je peux me replier sur moi-même quand j’ai peur. Je peux aussi faire face, foncer, oser, dépasser, assumer.
En ce début de Carême, le Seigneur me propose un chemin de confiance. Confiance en soi : dans les ressources que j’ai reçues. Confiance dans la vie : qui peut affronter bien des intempéries. Confiance en Dieu : le partenaire de ma vie, l’ami, mon compagnon de voyage. Dieu qui partage le présent et l’avenir des hommes et des femmes.
L’Évangile du Christ, avec sa mort au sommet, m’apprend qu’il n’est pas de combat plus important que celui de la liberté. Je serai pleinement moi-même quand la peur aura définitivement cédé la place à la liberté.
« Au jour du salut je suis venu à ton secours » Voilà ce que Dieu ne cesse de me susurrer à l’oreille, quand je lui ouvre mon cœur. Le secours, c’est le signe de la présence fidèle de l’ami. Non pas qu’il résolve tous nos soucis, mais il nous donne le cœur de les vaincre, et de vivre debout. C’est alors que la Vie jaillit et se met à briller. Nous n’utilisons pas assez ces mots là qui sont pourtant posés devant nous, prêts à l’emploi et garantis à vie ! Ce sont eux qui nous portent alors à la générosité de l’aumône, à la prière comme un moment d’amitié et au jeûne joyeux comme un partage de la pauvreté. Beau chemin vers la Vérité et la Vie.
Votre curé : Père Michel







