« Le Jeûne que je préfère »
Dans quelques jours, nous entrerons dans le temps du Carême, chemin vers Pâques, où nous aurons la joie de faire vivre à des adultes, les sacrements de l’initiation chrétienne : baptême, eucharistie, confirmation. Grand moment de joie profonde pour l'Église !
Traditionnellement, depuis les premiers siècles de l’Église, les adultes catéchumènes vivent la période ultime de leur préparation au baptême pendant ce temps. Et s’il y a un Carême pour les membres de l’Église déjà baptisés, c’est parce que l’on a d’abord mis en place un carême pour ceux et celles qui n’étaient pas encore baptisés. Autrement dit : on a étendu aux anciens baptisés l’appel à la conversion lancé aux futurs baptisés. Historiquement, et dans sa logique profonde, le carême est donc un temps baptismal, un temps où les baptisés sont associés à la démarche que vivent les catéchumènes en vue de leur propre baptême, un temps où ils sont appelés à laisser leur vie baptismale être renouvelée.
Pour pouvoir persévérer et progresser dans leur foi, les catholiques, comme tous les autres croyants, sont invités à s’engager dans un processus de clarification de leur identité. Mais, disait un adolescent : le «carême, c’est quand on n’a pas le droit de manger ! »
Le jeûne que je préfère, dit Dieu, n’est-ce pas de dénouer les liens provenant de la méchanceté, de renvoyer libres ceux qui sont écrasés ! De partager ton pain avec qui a faim, d’héberger les pauvres sans abri, de couvrir quelqu’un qui est nu, de ne pas te dérober devant ta propre chair (Esaïe 58 6-7).
Le jeûne des chrétiens n’a pas de fonction expiatrice destinée à faire pression sur Dieu. Le jeûne des chrétiens a une dimension prophétique. Orienté vers le partage, il se fait ouverture de la vie sur la vie. Il a pour qui jeûne fonction de rappel. Quand je jeûne, je réapprends que rien ne m’est dû et que tout m’est donné. Quand je jeûne, je me souviens que je suis plus qu’un consommateur, que je suis bien plus grand que moi-même.
Si bien que comme chrétien, je trouve le sens du jeûne dans ce qui suit les privations. Dans la terre promise à la sortie du désert. Dans la mer aux limites des plaines arides. Dans le don au terme de l’attente. Dans la résurrection au-delà de la mort. Dans Pâques à la fin du carême.
Bon et joyeux chemin vers Pâques ! Votre curé : Père Michel







