Se déconfiner pour vivre la relation.
Gilbert Bécaud chantait : «la solitude, ça n’existe pas» ; la ressentir ne peut provenir que d’un défaut d’équipement numérique. Avec le progrès numérique, on peut tout voir , tout connaître, tout admirer ! ! ! !
Je peux visiter le Groenland dans mon fauteuil, nager avec les dauphins du Pacifique depuis mon bureau où encore me croire à la plage de Hawaï depuis mon jardin… je peux même avoir MA messe en pyjama …de chez moi en direct ou en différé… ce que je veux, comme je veux et quand je veux ! ! ! Et pourtant, pendant deux mois, nous avons été confinés, privés de relations physiques, de contacts réels… et nous sommes encore un peu angoissés, obligés de respecter les distances, les gestes barrière, parce que l’Autre peut m’infester, peut devenir mon ennemi… nous devenons malgré nous des « intouchables » ! Alors, comment réinventer la fraternité, comment réinventer la relation à l’autre qui ne peut se satisfaire du « sans contact » comme ma carte bancaire au magasin… Nous sommes des êtres de relation… Le toucher est une composante essentielle de la façon dont les humains communiquent. C’est le premier sens que nous utilisons pour le faire et il peut être considéré comme notre premier véritable langage. Il suffit de savoir que le simple fait qu’une femme enceinte touche son ventre peut parfois encourager son bébé à donner des coups de pied. Et comment regarder l’autre et se laisser regarder avec un masque qui couvre le visage ? Les regards en disent beaucoup sur nous, et nous trahissent lorsque nous sommes tristes, en colère, amoureux, préoccupés ou fatigués. Il nous faut alors, en ce moment de déconfinement progressif, nous questionner sur notre relation, sur nos relations aux autres, à la création, aux événements…comment réinventer de véritables relations ? Comment réfléchir sur ce qui nous fait vivre en profondeur. C’est peut-être le moment de revenir à l’essentiel, à la Trinité que nous fêtons : Un seul Dieu en trois personnes : trois en Un dans l’accueil et le don. L’Amour infini Trinitaire nous montre le chemin ! Et puisque je commençais avec Bécaud, je termine avec Bourvil : « Vivre sans tendresse, on ne le pourrait pas ! Mon Dieu, faites pleuvoir sans cesse au fond de nos cœurs des torrents de tendresse pour que règne l'amour, règne l'amour jusqu'à la fin des jours… » Michel Boisaubert curé.







