En marche avec Abraham
L’histoire d’Abram est particulière. Il est l’exemple même de la foi absolue, en Dieu.
En ce temps de Carême, il est intéressant pour nous de réentendre l’appel que Dieu
lui fait et qu’il nous fait aussi…
Dieu lui dit simplement de quitter son pays d’origine.
Après Ur en Chaldée, l’Irak d’aujourd’hui, installé avec sa tribu, Abram reçoit un
appel, pour se rendre sur une terre nouvelle, dans un pays inconnu. C’est un récit
important, qui raconte le début de l’aventure de la foi. On pourrait dire : au
commencement de la relation entre l’homme et Dieu, il y a la foi d’Abram. Nous
pouvons remarquer qu’Abram ne dit rien. Il obéit, en se mettant en route.
Mais au fond, ce qui est un véritable exemple de foi, c’est qu’Abram accueille le
projet de Dieu dans sa vie, au fur et à mesure qu’il avance. « Quitte ton pays, ta
parenté, et la maison de ton père, et va dans le pays que je te montrerai. Je ferai de
toi une grande nation. Je te bénirai. »
Ça fait mince comme feuille de route ! Abram entre dans l’aventure de la foi, c'est-à-
dire de la confiance absolue, en acceptant la promesse absurde d’avoir une
descendance alors qu’il est déjà âgé. Ici, la foi, c’est un chemin qui débute par la
rupture avec ses certitudes, pour découvrir la nouveauté et l’inattendu. Il découvrira
tout en route. Il faut juste marcher dans la confiance. En hébreu, la parole que Dieu
adresse à Abram est très exactement celle-ci : « Va Lève-toi ! Va, pour toi-même,
hors de ton pays », ou encore « va vers toi » ! Le départ vers une terre inconnue
n’est pas que géographique. C’est aussi l’occasion d’un voyage intérieur. Va vers la
terre que je te montrerai, mais va à la découverte de toi-même. Tu cherches à
donner un sens à ta vie ? Alors, c’est en marchant que tu le trouveras, et que tu te
trouveras toi-même. C’est en avançant que tu découvriras qui tu es vraiment.
Abram quitte sa famille, autrement dit, sa mère, le lieu de sa naissance, son père, le
lieu de son enfance, où il a grandi. Au fur et à mesure qu’il avance, alors qu’il
pourrait se perdre, en fait, il se trouve. Dans son voyage, il comprend que son
identité ne se trouve pas derrière lui dans sa naissance, sa nationalité ou son
territoire, mais qu’elle est devant lui, un pas après l’autre, en marchant dans le
désert, c’est à dire, vers l’inconnu, voire l’inquiétant. Quitte ton pays et va vers toimême. Marche vers Pâques ! Tu n’es pas seul, le Seigneur part avec toi. A nous de
saisir cette parole, parce qu’aujourd’hui, c’est le premier jour de ce qui nous reste à
vivre. Autrement dit c’est aujourd’hui que tout commence ! Alors, joyeux carême à
chacune et à chacun !
Michel Boisaubert Curé







