Pèlerins en marche pour une rencontre.
Debout ! En marche ! Prêt à partir, parce que c’est l’attitude du véritable croyant, pèlerin en marche pour une rencontre. Oui, les mages se sont mis en route.
Ils ont levé les yeux vers un signe qui les a bousculés, déstabilisés. Ils ont quitté leurs certitudes, leur culture, peut-être leur idéologie et pourquoi pas, leur religion… Les yeux levés vers une lumière, non seulement celle d’une étoile, mais celle éclairant le visage d’un bébé nouveau-né. Ils y reconnaissent la lumière de Dieu. Après un détour par Jérusalem pour que les Écritures soient consultées, les pèlerins venus d’Orient trouvent enfin le lieu où se trouve l’enfant, ils éprouvent une grande joie, ils voient et ils tombent à genoux. Mais il leur faudra repartir par un autre chemin.
Ces pèlerins avaient donc rendez-vous avec un enfant qu’ils reconnaissent comme « Roi des Juifs ». Mais ce rendez-vous des mages avec Jésus était accompagné par Dieu, symbolisé par une étoile et un songe. Il faut donc que ce soit des païens qui reconnaissent en l’enfant de Bethléem, l’envoyé de Dieu, la « manifestation » de Dieu sur terre, tel est le sens du mot « épiphanie ». Tous, juifs et païens, croyants et non croyants, sont invités à reconnaître le Messie, encore faut-il qu’ils se mettent en marche. Vous voyez, pourquoi je souhaitais que vous soyez debout, sinon physiquement, du moins spirituellement. Il nous faut être des pèlerins en marche. Si nous nous disons chrétiens, nous ne pouvons être installés dans des certitudes ou un certain confort moral. Nous ne pouvons penser avoir raison tout seul… sans écouter ou respecter les autres. Il nous faut accepter d’être dérangés, autrement dit, accepter de vivre une conversion. Mais si les mages se mettent en marche, leurs mains sont chargées de cadeaux. Que nos mains alors, apportent le présent de toute notre vie à Celui que nous allons rencontrer tout au long de cette nouvelle année ; qu’en acceptant l’autre, voire le Tout-Autre dans ma vie, je puisse aussi repartir par un Autre Chemin. Abbé Michel Boisaubert curé







