En marche vers Pâques
Ce temps du carême nous invite à retourner notre cœur, dans trois dimensions complémentaires. Ouvrir notre cœur à la présence de Dieu dans la prière pour que nous soyons habités de sa présence et qu'elle rayonne autour de nous, ouvrir notre corps au désir de Dieu par le jeûne, ouvrir nos mains à la miséricorde à l'égard de nos frères par l'aumône, le partage.
Il ne s'agit pas d'abord d'une manière de se priver pour souffrir pour Dieu, pour expier nos péchés. Il s'agit d'abord d'une ouverture de notre être. Le jeûne participe de cette dimension d'ouverture. On imagine de façon un peu simpliste que nous jeûnons pour mater notre corps rebelle. En réalité, le jeûne fait partie d'une glorification du corps : Le corps du Christ a été élevé à cette dignité de pouvoir souffrir, se donner, mourir, pour le salut du monde. Le Christ nous sauve par un acte spirituel, incarné dans sa chair qui est le lieu même de notre salut. Cette chair du Christ qui souffre, qui meurt, c'est aussi la chair du Christ qui ressuscite, qui revit, qui entre dans la gloire.
Il en va de même du jeûne. Le jeûne ce n'est pas se priver pour réparer je ne sais quel péché. Le jeûne c'est d'abord une ouverture de notre être à la venue de Dieu. Jeûner, c’est laisser se creuser une certaine absence. Absence de nourriture qui est symbolique d'une absence plus profonde, l'absence d'un Dieu que nous ne recherchons pas assez. Le jeûne est là pour exciter en nous le désir d'une rencontre. Nous jeûnons pour que tout notre être soit emporté par le désir de rencontrer Dieu, le désir de la présence de Dieu.
Nous avons besoin de creuser en nous ce manque et ce vide, pour que le désir habite aussi bien notre cœur que notre corps. C'est cela le temps du carême, le rôle de ce jeûne qui nous est demandé pour découvrir en nous ce manque de Dieu qui est un appel, un appel au secours, un appel à la présence, un appel à la grâce, un appel à la réconciliation.
Oui, c'est le temps favorable, c'est le temps où Dieu nous donne la vie en réponse à ce grand désir qu'il creuse en nous.
Bon chemin d’Amour et de Tendresse! Abbé Michel Boisaubert







