Une histoire sainte
Entre Pâques et Pentecôte, nous vivons des moments de joie, d’espérance et d’attente et nous pouvons être déçus par l’histoire qui se construit avec nous ou sans nous.
L’histoire de Dieu se tricote à même nos propres histoires, à travers nos échecs et nos combats. Dis-moi quel est ton Dieu et je te dirai quel est ton projet de société. Si nous rêvons de démocratie, nous pensons un Dieu fraternel. Si nous souhaitons que se lèvent des leaders pour animer la société, nous demandons à Dieu d’être un prophète ou un roi. L’adolescent parle à Jésus son copain. Dans un monde de violence, on fait appel à la tendresse de Dieu
Dieu est grand, tellement plus grand que nous… Nous ne pouvons en découvrir qu’un aspect.
Il nous faut aussi être prudent: nous ne pouvons l’inventer ou le façonner à notre image et selon nos désirs et nos besoins. Dieu se révèle et se révèle en toute liberté. Nous avons toujours à questionner nos propres images de Dieu.
Oui, Dieu écrit son histoire sur les pages de nos vies. C’est pour cela que notre histoire est une histoire sainte ! Ne cherchons pas Dieu ailleurs que dans nos histoires. Chaque fois que quelqu’un demande à Jésus ce qu’il faut faire pour avoir la vie éternelle, le maître renvoie à la vie quotidienne de la personne: le blessé à ramasser le long du chemin, le pauvre à qui il faut donner son bien, l’affamé qu’il faut nourrir, le prisonnier qu’il faut visiter... «Chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait!» (Matthieu 25, 40) Nous rencontrons Dieu dans notre histoire personnelle comme dans l’histoire de notre peuple ou du monde.
Nous avons à témoigner de Dieu. Nous devons faire mémoire des événements fondateurs du christianisme. Mémoire des événements fondateurs de nos propres vies. Mémoire des traces de la présence de Dieu sur notre route depuis notre naissance. Nous devons proclamer la mort du Seigneur jusqu’à ce qu’il vienne. Et cette mémoire en forme de récit agit sur nous un peu à la manière d’un sacrement, en donnant de nouveau la grâce de la présence de Dieu.
Bonne et sainte Pentecôte. Abbé Michel Boisaubert curé.







