Avec les mages, par un autre chemin…
Voici que des mages venus d’Orient arrivèrent à Jérusalem. Qui sont-ils ces mages ?

Des magiciens, des astrologues ? D’où viennent-ils ? De l’Orient, ou
ailleurs encore ? Combien sont-ils ? l’évangile ne nous le dit pas. l’Église a vu
dans ce signe d’universalité une invitation à porter l’Évangile au bout du monde,
à soutenir l’effort missionnaire. Mais aujourd’hui,
l’étranger n’est plus de
l’autre côté des mers, il est à notre porte, il est notre voisin.
Pas seulement
parce que les migrations ont amené des gens de tous pays. Mais surtout, parce
que la vie moderne, fait de nous des étrangers les uns aux autres. La liberté
individuelle, l’épanouissement personnel ont, dans notre société, un prix à payer
qui est de nous éloigner les uns des autres, parfois jusqu’au repli sur soi.
Nos
contemporains sont plus en plus nombreux à être étrangers à l’Évangile et à
son message
, à être étrangers à l’Église, à ses paroles, ses gestes, sa prière, sa
culture...
La fête de l’Épiphanie met en avant ce formidable défi auxquels, nous
les chrétiens, sommes confrontés : manifester Jésus le Christ au monde, porter
l’Évangile au bout du monde et au bout de notre rue, porter l’Évangile à nos
voisins et nos amis, à nos enfants et petits-enfants.
Formidable défi que de
trouver les mots, les actes qui auront une résonance dans les cultures
d’aujourd’hui ; les mots et les actes qui permettront à des frères étrangers au
Christ de le rencontrer et de le connaître, qui permettront que naisse la foi.
L’Épiphanie est aussi une Pentecôte, un appel à ce que l’Esprit nous aide à
proclamer l’Évangile dans toutes les langues et les cultures de la terre. Les
mages sont porteurs de cadeaux, l’or, l’encens et la myrrhe, autant de signes qui
nous parlent de Jésus, de son identité ; l’or qui nous le dit Roi ; l’encens qui nous
le dit Dieu ; la myrrhe qui nous le dit Crucifié, donnant sa vie. Et en ce début
d’année qui est souvent le temps des résolutions, je vous invite à regarder aussi
ces présents des mages à l’enfant comme une invitation à la réflexion
personnelle. S’il nous faut porter l’évangile au bout de notre rue, ne le faisons
pas les mains vides.
Que seront mon or, mon encens, et ma myrrhe ? Que
donnerai-je de moi-même, de mon temps et de ma disponibilité, de mes
passions et de mes talents, de mon essentiel ? Avec quoi irai-je à la rencontre
de mon prochain ? Comment serai-je signe de Dieu durant cette année ?
Bonne et sainte année ! Que sans cesse resplendisse dans nos vies la lumière
et la gloire du Seigneur. Michel Boisaubert curé