Chercheurs de Dieu
L’Épiphanie, dernière de nos célébrations des «Fêtes». C’est aussi la fête des
«Chercheurs de Dieu».

Cette Fête de Rois est à proprement parler plus grande que Noël,
puisque nous célébrons alors l’Épiphanie de Dieu, la manifestation glorieuse du Verbe de
Dieu au milieu de nous, celui qui «vient visiter son peuple» (Luc.1:68).
Nous sommes aux environs de l’an 5 avant l’ère chrétienne. Jésus, né depuis une
quarantaine de jours, reçoit la visite des Mages. Ces sages, de grande influence dans leur
pays, sans doute la Perse, adeptes de la doctrine de Zarathoustra et sans lien de parenté
avec les astrologues, arrivent à Jérusalem. Combien étaient-ils : deux selon la fresque de
saint Pierre et saint Marcelline, à Rome, trois, quatre, huit, et même douze selon les
traditions syriennes et arméniennes ? «Où est le roi des Juifs qui vient de naître»,
demandèrent-ils ? On imagine la curiosité suscitée par ces inconnus allant et répétant la
question à travers les rues étroites de Jérusalem. Le cœur des Mages s'est mis en route
vers Dieu en même temps que leurs pas se dirigeaient vers Bethléem. Ils ont cherché
Dieu, mais c'est Dieu qui conduisait leur recherche dès le moment où ils l'ont entreprise.
Ils sont de ceux qui, dévorés par la faim et la soif de justice, aspirent vers le Sauveur, et
repoussent la pensée que l'homme pourrait, sur la route de sa rencontre avec Dieu,
négliger de faire le petit pas qui lui est demandé, sous prétexte que Dieu, lui, doit en faire
mille.
Ces mages avaient été conduits jusqu’à Jérusalem par la marche de l’étoile, l’élément
prodigieux du récit. «Ils ont vu son astre se lever.» L’étoile, remarquée en Orient, disparut
par la suite pour réapparaître et se déplacer au fur et à mesure que les Mages
cheminaient de Jérusalem à Bethléem. Leur cœur aura bien tremblé un peu lorsque leur
science a pris l'allure d'une exigence pratique, celle d'un voyage difficile à entreprendre.
Ils se seront effrayés de leur propre audace : Mais non, ils s'inclinent, ils partent. Et voilà
soudain ils quittent leur chez eux, ils ont risqué le saut hardi qui leur était demandé. Ils
empruntent des chemins complexes ; mais, aux yeux de Dieu, c'est justement le seul
itinéraire qui mène à lui dès lors qu'ils le cherchent avec confiance.
Devant le Seigneur ils ne peuvent que se reconnaître petits et pauvres et c’est bien cela
qui ouvrira leurs cœurs au don de la joie et de la paix. Ils regagnèrent leurs pays par un
autre chemin. Parcourir de nouveaux chemins pour atteindre le bonheur est le grand défi
et la nouvelle chance présentés par Jésus-Christ. Ces nouveaux chemins sont ceux par
où nous conduit l'Esprit Saint; les identifier c'est, répondre à notre vocation; les parcourir
c'est trouver le chemin de la fidélité. Ce pèlerinage de la confiance est, sans aucun doute,
pour nous tous, un nouveau chemin pour arriver chez-soi, c'est-à-dire, à la Vie. Bonne et
sainte année à chacune et chacun de vous.
Michel Boisaubert curé