J’aime la Pentecôte, c’est le temps de l’Esprit qui nous est donné à tous et à chacun.

L’Esprit est comme le vent, il peut déplacer mer et monde. Je n’en demande pas tant ! Seulement une brise, un souffle léger qui chatouille les feuilles des arbres.

L’Esprit se fait poète et délicat , mais il n’hésite pas à grogner, à tempêter, à laisser éclater ta colère. Je t’aime, Toi l’Esprit-Saint, quand tu te déguises en brise légère. Brise d’été qui caresse et apporte la fraîcheur.

J’aime surtout de toi le mystère. Tu apparais subitement, sans préavis. On ne sait pas d’où tu viens. On devine mal où tu vas. Tu passes simplement. Tu laisses quelques traces, imposantes ou discrètes. Puis tu disparais. Tu es invisible. Mais tout me parle de toi ! Cet homme qui avance et qui se relève malgré la souffrance… cet enfant qui rit…cet autre qui pardonne, qui partage… Les autres me parlent de toi. Tu dis beaucoup de la vie, des audaces et des candeurs, de la force et de l’abandon. Tu dis tout de Dieu même si nous ne saisissons que quelques bribes de ton discours. Mais l’Esprit est aussi comme le feu : Feu qui réchauffe et qui repousse les ténèbres du péché et de la peur, mais aussi feu qui brûle et consume ce qui ne nous tourne pas vers la Vie !

À la Pentecôte, l’Esprit s’est manifesté « comme une sorte de feu qui se partageait en langues et qui se posa sur chacun » des apôtres (Actes 2, 3) !

Et ces actes des apôtres, ces actions des disciples du Christ, ont dépassé les premières générations chrétiennes pour arriver jusqu’à nous. L’Esprit continue d’habiter les actes des croyants et des croyantes. Il se tient auprès d’eux comme le défenseur que le Seigneur a envoyé d’auprès du Père. C’est l’avocat qui nous fait plaider avec assurance le témoignage de Jésus Christ. C’est le guide qui nous conduit à la vérité tout entière, qui reprend ce qui vient du Christ pour nous le faire connaître. Saint Paul dresse une litanie des beautés de l’être humain: l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, l’humilité, la maîtrise de soi… Ces beautés sont des créations de l’Esprit. Tout ce qui est vraiment humain est profondément action de l’Esprit.

Chaque dimanche, me voilà au rassemblement avec mes frères et mes sœurs dans la foi. Autour de la table eucharistique comme autour du buisson ardent. Chaleur de la fraternité et de la confiance en Dieu, mais aussi brûlure du feu du Christ qui creuse en moi la soif d’un ailleurs. Un ailleurs au-delà de ce monde, mais aussi un ailleurs au-delà de cet instant de célébration. L’Évangile ouvre en moi un espace pour tant d’autres hommes et tant d’autres femmes qui cherchent la lumière et la chaleur du feu que le Christ a voulu propager dans le monde. Ne me faut-il pas devenir incendiaire à mon tour?

Après avoir quitté l’assemblée eucharistique, ne me faut-il pas la retrouver dans tous ces gens dont la vie est rompue sans que cette fraction ait véritablement un sens pour eux? «Puisque l’Esprit nous fait vivre, laissons- nous conduire par l’Esprit.» (Galates 5, 25) à chacune et chacun, bon Vent de l’Esprit.                

Michel Boisaubert curé