Dans le silence du désert.
Le coup d’envoi du Carême est donné le mercredi des Cendres. Il faut partir. Pas seulement d’un bon pied mais de bon cœur. A nous d’être tendus vers le seul but qui justifie le Carême : devenir des hommes nouveaux, des hommes et des femmes de Pâques.
Mais au début de ces 40 jours, nous sentons bien où le bât blesse. Il y a en nous tant de choses qui demanderaient à être déblayées, à être changées. Nous ne savons peut-être pas par quel bout commencer. Et puis nous sommes peut-être fatigués pour nous lancer une nouvelle fois dans cette entreprise. Je pense à ce qu’on me disait hier : « Depuis des années, j’essaie de vivre le Carême mais rien ne change. Je pense que je n’arriverai pas à changer. » Je vous le dis : Ayons confiance ! Essayons encore ! Ne craignons pas de prendre le chemin qui nous conduit à Pâques ! Le Seigneur marche avec nous et, jour après jour, il nous donne les vivres dont nous avons besoin.
Et sans attendre, entrons dans le vif de notre Carême. Le rideau se lève sur ce paysage fabuleux : Le désert: lieu de combat et aussi lieu de silence.
Le désert est à l’opposé de ce que sont nos villes et nos cités. Le désert, oui, comme une offrande de silence. Nos villes et nos cités sont devenues la proie de tant de bruits, bruits de toutes espèces, bruits que l’on déclare fuir mais que l’on recherche comme une drogue, sans nous rendre compte que nous sommes en manque de nous-même et en manque de Dieu.
Pas facile d’abandonner le chantier de nos activités pour faire silence. Peut-être pourrions-nous quand même pendant ce Carême essayer de nous orienter vers ces lieux et ces instants plus paisibles que d’autres… le fond de notre chambre, ce coin de nature, cet oratoire… ou ailleurs… C’est là que Dieu nous attend et veut parler à notre cœur. Une fois de plus, c’est l’Esprit Saint qui nous offre ce temps de désert qui n’est pas évasion du réel mais enracinement dans la charité, pour mieux repartir vers les autres.
Alors, bon chemin de joie vers Pâques ! Père Michel Boisaubert







