Accueillir l’autre dans ma vie
Les médias nous renvoient l’image d’une société souvent violente …agressive ! Il est facile de dénoncer les agressions de peuples ou d’individus…
Mais commençons par nous interroger nous-mêmes. Comment est-ce que je vis ma relation aux autres, à tous les autres, mais en particulier avec ceux qui me sont le plus proches, qui me sont précisément trop proches car ils entrent dans mon domaine de chaque jour ?
Accueillir l’autre, c’est l’accepter dans ce qu’il est. Accepter va plus loin qu’écouter mais si on l’écoute en vérité, déjà l’autre se sent accepté. Il faut commencer par écouter pour être sûr qu’on accepte l’autre tel qu’il est et non tel qu’on se l’imagine.
Accepter l’autre dans sa différence va entraîner en moi un changement. Vivre à deux, vivre avec, n’est pas la même chose que vivre seul ! Suis-je prêt à changer, non seulement aujourd’hui, mais tous les jours de ma vie ? L’évangile nous appelle sans cesse à nous convertir, c’est-à- dire à changer, mais aussi à partir…pour suivre quelqu’un. La vie est à ce prix. On ne comprend pas toujours le pourquoi ni où l’autre m’entraîne. On comprendra plus tard ! Il faut apprendre à faire un bout de chemin avec l’autre, avec les autres ! Ce qui est vrai de l’autre l’est aussi des évènements. S’agacer, se fâcher, crée un barrage à l’amour ; c’est aussi un gaspillage d’énergies qui suscite de la fatigue… A quoi peut servir de refuser un fait ? On ne le changera pas. Il est là qui s’impose. C’est à moi de changer pour, non seulement m’y adapter, mais l’accepter et le faire servir à la construction de ma vie. C’est ainsi qu’il peut devenir « événement » pour moi. Tout est possible à celui qui aime. Aimer crée la confiance en l’autre autant qu’en soi, et ouvre un chemin de vie.
L’important pour un être vraiment libre est de pouvoir construire sa vie au lieu de la subir. Or, si je subis des évènements sans un vrai oui, je ne crée plus mon histoire. Je perds ma liberté de décision, je ne suis plus capable d’inventer ma vie. J’ai alors l’impression que d’autres ou les évènements en ont décidé à ma place. La vie chrétienne est espérance d’avenir, de résurrection. Pour cela je dois laisser l’inouï de la Résurrection entrer dans ma vie.
Bonne route.
Père Michel Boisaubert







