Le 10 mars 2015, le Père Jean-Marie ONFRAY, théologien moraliste, passionné de
pensée sociale et par la vie des hommes travaillée par l’Evangile, a placé sa réflexion entre deux synodes épiscopaux, sur le thème : Famille au cœur de l’existence.
v Dans une première partie, il nous parle de la famille que l’on reçoit et qu’on ne choisit pas, c’est la terre où nous prenons nos racines.
- Nous sommes tous nés d’une rencontre entre deux patrimoines génétiques, c’est notre héritage, qui nous donne joie et paix au cœur. N’oublions pas que les personnes issues de l’adoption, de procréation in vitro ou nées sous x, mènent souvent un long combat pour assumer cette condition.
- Nous naissons dans une histoire humaine, une époque, une culture avec ses forces et ses faiblesses, une langue maternelle, quelque fois émigrés, dans deux histoires familiales avec ses petits secrets et ses blessures non cicatrisées. Heureuses les familles qui apportent la paix aux conflits familiaux.
- Nous grandissons dans un cadre, avec une fratrie nombreuse ou pas, riche ou pauvre avec la possibilité de faire des études ou non, avec des handicaps, le décès d’un parent jeune ou une mauvaise santé.
Jésus s’inscrit dans une famille avec ses joies et ses souffrances.
- Regardons l’éducation et les valeurs de la famille :
C’est le lieu où nous faisons l’expérience de la communion, c’est le « chez soi » de référence où l’on peut toujours revenir et y être accueilli, le nid où se joue la solidarité intergénérationnelle, la fraternité, l’esprit de famille, les souvenirs tissés.
- La famille est la 1ère cellule de la vie, comment aide-t-elle à vivre les conflits extérieurs, professionnels etc.., est-elle ouverte, donne-t-elle le goût de l’aventure, de la liberté, existe-t-il en son sein la communion intergénérationnelle ?
- La famille doit laisser un espace à la relativité, tremplin vers la liberté, aidée en cela par l’école et l’éducation pour un accès à l’universel et à la liberté de conscience.
« A cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme et tous deux deviendront une seule chair »(genèse 2-24)
v Dans la deuxième partie, le Père Onfray nous parle de la famille à construire.
- le mariage est une alliance indélébile avec Dieu. Dès le moyen-âge, l’église lutte pour l’égalité du consentement.
- le mariage est un lien entre deux familles, avec ses contrats, ses rites, ses négociations, pour la dévolution patrimoniale et pour une filiation claire, source de paix.
Le corps de la femme qui donne la vie est confié de l’autorité paternelle à l’autorité parentale pour un statut légitime de la femme et des enfants.
- Le 20 septembre 1792 : le mariage civil a été institué, les couples devront être unis civilement avant le mariage religieux,
- Le 27 juillet 1884 : le divorce pour faute a été légalisé.
- Le 20ème siècle a apporté une liberté individuelle grandissante. Depuis 60 ans, les mariages sont concentrés sur l’amour et quand on ne s’aime plus, on divorce.
La femme a un statut parental légitime et les enfants légitimes ou naturels sont égaux grâce à la politique familiale.
- En France, l’année dernière, il y a eu 231 000 mariages civils dont 74 600 religieux et 133 000 divorces. 52% des enfants naissent hors mariage, 21% des familles monoparentales ont des difficultés financières, un million ½ d’enfants de moins de 18 ans vivent dans des familles recomposées.
v COMMENT :
- Accompagner les couples quand ils sont en difficulté, que le fossé s’agrandit et que les deux familles sont marquées par l’épreuve ?
- Accompagner et accueillir le mieux possible les familles monoparentales ou recomposées ?
- Donner des points de repère, aider l’enfant à se structurer quand la loi ne régule plus ?
- Construire et réguler la conscience d’un enfant, pour qu’il discerne le bien du mal ?
Le partage de la parole entre un groupe de personnes est un début de solution.
Les délégués épiscopaux ont matière à réflexion avec le Saint Père sur le rôle de la famille dans la société actuelle.
Prions l’Esprit Saint pour qu’Il nous guide, lui qui est autant présent aujourd’hui qu’hier.