« Nous espérions, nous… » Lc 24, 13-35
Que comprenons-nous lorsque nous proclamons que le Christ est ressuscité ? Ne faut-il pas faire nôtre l’expérience de Cléophas et son compagnon de route de Emmaüs ou bien nos
différents chemins quotidiens ne ressemblent-ils pas au chemin de Emmaüs de deux disciples ? Ne sommes-nous pas embarqués comme eux à lire et à relire la présence de Celui qui tient nos coeurs au chaud alors que le pessimisme ainsi que le manque de confiance dans l’avenir gagne nos vies.
Aujourd’hui, annoncer l’apocalypse devient un passage obligé, un préalable indispensable pour être classé parmi ceux qui comprennent l’air morose qui sied à l’intelligence.
Ecrire sur les catastrophes qui s’abattent par ci et par là attire plus d’attention. Beaucoup trouvent dans le progrès plus particulièrement la mondialisation un signe destructif : destruction des cultures et des civilisations, destruction des particularités locales comme les langues par exemple, destruction des identités nationales.
L’expérience faite par les deux disciples sur le chemin d’Emmaüs peut servir de clé de compréhension de la Résurrection : Jésus est différent de Jésus de nos rêves.
Nous espérions, nous qu’il libérerait Israël de l’occupation romaine. Jésus n’entre pas dans un projet politiqueni économique. Obnubilés par le scandale de la mort de Jésus, tout parait à leurs yeux fini ;
les deux disciples se retirent du groupe avec ils ont cheminé pendant trois ans pour faire cavalier seul. C’est pendant que tout espoir est perdu ; au plus fort de la tempête que Jésus chemine avec eux, aujourd’hui avec chacun de nous. Il les éclaire sur ce qu’il est par l’intelligence de l’Ecriture Sainte.
A sa reconnaissance, ils retrouvent la communauté comme pour dire que la joie pascale n’est pas pour soi-même. Il les fait passer du désespoir à l’espérance.
Jésus ressuscité est un passeur. Il est Celui qui nous dit que l’amour est plus fort que la haine. Et aucun horizon n’est bouché. Retrouvons Jésus ressuscité dans et à travers l’Ecriture, dans les sacrements de l’Eglise et surtout dans le service de nos frères et soeurs.
Tryphon ILENDA BASILA ,curé







