« Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement »

Le monde du marché nous marque tous. Tout est calculé jusqu’à la minute près, disposer de son temps de manière gratuite pour telle ou telle activité devient un parcours du combatant. Et pourtant, le Christ nous exhorte à la gratuité. D’abord, qu’entendons nous par gratuité ? Le mot dans le langage courant à deux significations. La premiere, est gratuite tout ce qui ce fait, ou qui se donne sans rien, ce que l’on donne sans faire payer, ce dont on peut jouir sans contre partie, ce qui est accordé par libéralité : Bref est gratuit ce qui s’oppose à payant. On peut dire la gratuité inclus donc la notion de don ; le don gratuit serai l’amour même. La deuxieme signification empreinte une direction logique est gratuit ce qui n’est pas de raison valable de fondement ou de preuve, ce qui n’est pas déterminé par des motifs exterieurs ou des considérations rationnelles. Est gratuit donc du point de vu logique ce qui n’entre pas dans la concaténation logique d’un raisonnement appuyé sur un fondement. Ainsi poser les deux significations, la gratuité évacue l’idée de reciprocité. Elle n’attend aucun retour sous aucune forme. Elle n’attend pas non plus d’une réponse, un remerciement, un geste. Elle n’eu appel à aucun système d’équivalence, encore moins ce refère t-elle à un code des échanges, à un prix.
La gratuité ignore le calcul, le prix du temps et le prix des choses. Elle est un acte dans le présent. Elle ignore le passé et le futur. On ne peut en effet parler de l’acte gratuit qu’on a posé sans risque de le détruire.
« Que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite. Le juste, dit Saint Paul vit de la foi » (RM 1.17)
La foi est une réponse libre à un don gratuit que l’Écriture Sainte rapporte à un geste d’amour.
Dieu donne l’homme à lui-même, et pour lui-même, sans contre partie necessaire. Ce don c’est la création. Ce don c’est la sortie en Egypte. Ce don c’est la Torah. Ce don c’est le donner lui-même comme le dit Jésus à la samaritaine « Donne moi à boire » Jésus lui reconnait son humanité, en la sortant du neutre où elle est prise comme femme quelquonque venant chercher de l’eau au puit.
Pour un chrétien tout est grâce. Notre destinée c’est de mouvoir dans cette grâce.