La foi et la religion
En ce mois de septembre, mois de reprise des activités, après deux mois de vacances, j’écris cet éditorial de notre feuille paroissiale mensuelle autour de la foi et de la religion : la foi, c’est quoi et la religion, c’est quoi ? Le sujet est passionnant. Une littérature abondante existe et celle-ci est œuvre des spécialistes. Mon souci, en cette rentrée pastorale, est celui d’un pasteur qui est à l’écoute : écoute des grands parents, écoute des jeunes parents surtout à l’occasion de la demande des sacrements plus particulièrement le baptême des petits enfants.
En effet, les grands parents du moins certains, c’est-à-dire, ceux qui gardent encore leur lampe allumée ont un goût amer de voir la situation que traverse l’Eglise aujourd’hui. Ils disent : « nous avons tout fait pour nos enfants » Entendons par là : éducation chrétienne, catéchisme, pratique de la messe dominicale, prière matin, midi et soir, prières à table. Bref ils ont transmis toutes les valeurs chrétiennes reçues pour la plupart des bonnes religieuses et des bons religieux qui tenaient les écoles catholiques. Avec beaucoup d’amertume, les églises se vident, certaines sont vendues pour en faire de tabac, de restaurant, la liste est longue. Ils se disent et observent une perte de foi et la fin de la religion.
Lorsque l’on demande aux jeunes parents pourquoi demandez-vous le baptême pour votre enfant : les réponses fusent dans le sens de la tradition. Nous transmettons à nos enfants ce que nous-mêmes avons reçu. En le disant, où placent-ils le curseur ? Eux seuls le savent. Ce qui étonne c’est le fait on ne les voit plus après le baptême.
De quoi parle-t-on lorsqu’il s’agit de la foi et de la religion ? La foi est l’acte personnel, une décision personnelle, une adhésion personnelle de faire confiance au Christ pour nous conduire au Père. La religion est l’acte de se conformer aux croyances et pratiques de la famille, de la tradition et de la société. Aussi loin qu’on remonte dans les origines historiques de l’humanité, on ne trouve jamais l’homme sans Dieu ni Dieu sans l’homme. Comme le dit Joseph Moingt, théologien jésuite, « Dieu était trouvé. On le trouvait autour de soi, partout dans l’univers, et la croyance en Dieu sacralisait le lien de la société. Ce qui a disparu, ce n’est pas la foi, mais la croyance et les pratiques qui en découlent, c’est-à-dire la religion qui est avant tout social ».
La foi c’est une rencontre, une expérience personnelle avec Jésus. Une vie selon l’Evangile ; une façon de vivre autrement dit une manière d’incarner sa foi dans le quotidien de la vie, dans toutes les conduites existentielles et sociales du chrétien.
Osons vivre selon l’Evangile
Père Tryphon ILENDA BASILA, Curé







