Un chemin de carême

Quarante jours de Carême, quarante jours pour vivre ce chemin d’amour et de tendresse à la suite de Jésus, qui nous conduit à Pâques ! Alternance d’ombres et de lumières de la Passion du Christ…et de notre vie, elle aussi !  Cette alternance d’ombres et de lumières de la passion et de la résurrection du Christ, culmine dans ce « triomphe » des rameaux que nous allons vivre avant d’entrer dans la semaine sainte. Nous célébrons, avec les « rameaux »un jour de lumière, en nous associant à la foule enthousiaste qui acclame Jésus.

Va-t-il être enfin reconnu comme Messie Sauveur ? Hélas, nous connaissons la suite et comment, de cette foule, le vendredi suivant, sortirons les cris « à mort, crucifie-le ! » ou le silence complice de la peur ! N’allons pas leur « jeter la pierre » !

Comprenons bien que cettealternance équivoque, c’est bien celle de notre propre vie, avec ses mouvements vers Dieu, l’Amour et ses reculs, ses volte-faces et revirements déplorables.  La cause en est la« faiblesse » de notre mémoire. Avec quelle facilité nous « oublions » les bienfaits de Dieu, son amour manifesté jusque dans cette « passion » de Jésus. Mais nous oublions aussi facilement notre vocation baptismale, conjugale, ou consacrée… !

C’est pour cela que Jésus a institué cet autre moment de lumière, ce mémorial qu'est l’eucharistie ! « Faites ceci  en mémoire de moi » ! Il s’offre lui-même en offrande d’amour ! A cette offrande d’amour, Jésus nous demande de nous associer chacun, lors de cet abaissement libre du lavement des pieds : « ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi »!

Si nous participons vraiment, à cette offrande du christ et en faisons mémoire au cours de l’eucharistie, notre vie sera unifiée dans l’amour!  Nous voulons continuer d’aimer et servir le Christ, servir nos frères et sœurs en humanité. C’est donc vers Jésus qu’il nous faut tourner nos regards et nos cœurs pour apprendre le sens du service et de l’amour. Et de crier fort que cela vaut le coup d’aimer, que c’est une joie et un bonheur. C’est ce que j’ai essayé de dire en quelques mots à la messe des Cendres.

Être disciple, être serviteur de Jésus Christ, c’est se risquer à l’amour, à aimer et à être aimé, à donner et à être donné, à grandir et à faire grandir. Nous comprenons alors qu’un carême sans amour, c’est un carême sans vie. 

L’aumône, la prière, et le jeûne ont toute leur place, mais nous avons à découvrir leur juste place dans notre vie et le vrai sens à leur donner. Ils sont comme des « marqueurs » qui doivent être imprimés de l’amour de Dieu pour nous conduire vers les autres et donc vers Lui, inexorablement.  Bonne montée vers Pâques .                                                                   Père Michel