Vivre la Passion avec Jésus !
Avec simplicité nous portons des rameaux pour acclamer Jésus. C’était beau,
plein de joie et d’espérance.
Mais juste après la fête, c’est le choc brutal de la
souffrance du Seigneur qui nous est rappelé, le choix qu’il faisait d’aimer
jusqu’au bout, de glorifier le Père par sa fidélité à l’humain, de se laisser faire par
ceux qui injustement le jugeaient et le condamnaient.
Son parcours ultime nous révèle un Jésus plus beau que jamais, il nous fait voir
du même coup notre comportement et nos manières dans ce qu’elles ont de
plus choquants, injustes. Ce parcours nous donne un écho fidèle des malheurs
dont nous faisons si souvent l’expérience : la trahison, l’abandon, la violence, la
jalousie, le rejet, les misères que nous nous infligeons les uns aux autres…
jusqu’à en mourir.
En souffrant sa passion le Christ se révèle tellement proche de nous, si pareil à
nous. Et tellement différent aussi, avec tout l’amour qui l’anime, son absence de
révolte et la profonde liberté qui le caractérisent. Si nous marchons avec lui, et
lui avec nous, il nous reste bien des pas à faire pour imiter son courage, sa force
d’âme, sa grande paix intérieure, son amour inconditionnel.
Il nous faut apprendre de la passion du Christ à marcher avec force et courage à
sa suite en attente avec lui de la merveille de Pâques. Marchons dans la paix de
l’espérance. Engageons-nous dans l’amour fraternel et le service jusqu’au don
de nous-mêmes comme Jésus l’a fait. Mettons-nous en marche car la foi n’est
pas un joyau qu’on préserve jalousement. C’est une option qu’on expose. Jésus
nous appelle à exposer notre foi. Vivre sur la place publique plutôt que de nous
replier dans l’anonymat, dire nos valeurs au milieu de tant d’opinions
différentes, accepter la critique et la contestation. Bref vivre en toute liberté.
La foi ne peut vivre que si elle est risquée. À Pâques, nous faisons mémoire de
notre baptême et de notre attachement au Christ. Ce n’est pas sans raison que
nous parlons de notre vie de foi comme d’un pèlerinage, d’un voyage jusqu’au
centre de nous-mêmes à la rencontre de Dieu.
Comme un berger, le Christ nous appelle. Il nous mobilise. Il nous entraîne au
grand air. Il demande beaucoup, Il paraît exigeant . Mais pouvons-nous
continuer de tolérer la violence et la haine qui s’étale sous nos yeux ? Devant
nous, la porte s’ouvre sur cet immense paysage à humaniser, à rendre libre.
Sortons. Nous sommes libres pour rendre libres. Belle marche vers Pâques.
Michel Boisaubert curé







