Partir en pèlerinage.
Mois de Mai, mois des pèlerinages ! Saint Marcoult à Charray le 1er Mai, Lisieux et Thérèse le 17 Mai… Pourquoi partir ?
D'abord il s'agit de marcher. Cela paraît une évidence surtout pour certains… Je voudrais rappeler que la foi chrétienne vient de l'Ancien Testament. Or, le premier mot de Dieu adressé à un humain historiquement envisageable, Abraham, est : «Va quitte ton pays et pars».
Il rejoint cette expression du Christ «Lève-toi et marche». Mais alors que le miraculé de Jésus est resté chez lui, sans dépasser les limites de son village, Abraham, a entrepris une migration longue du Sud de l'Irak et, suivant le croissant fertile, remontait par Damas jusqu’au long du Jourdain. Des milliers de kilomètres. Or, cette migration d'Abraham n'est pas une errance. C'est une marche d'humanité. Elle n'est pas une exploration dans des zones inconnues, elle ne cherche pas la découverte de terrains nouveaux.
Cette marche est une marche d'humanité à humanité. C'est aller de l'humain à l'humain. A ce sujet, aller de l'humain à l'humain, contrairement à d'autres religions, on doit affirmer d'entrée de jeu que, pour la foi chrétienne, il n'existe pas d'espace sacré. Ce qui compte dans la foi, est de savoir que la seule image sacrée de Dieu c'est l'homme. Dans un pèlerinage chrétien (cela suppose que l'on se démette de soi dans les deux cas), ce qui fait le lien entre présence et absence est évidemment le thème de la pauvreté. De la pauvreté jusqu'à en souffrir, pensez à vos pieds… C'est à dire que le vrai détachement ne peut être envisagé que sous le thème d'un dépouillement avec un Autre. On n'en doit rien rapporter sauf «suivre nu le Christ nu».
Le pèlerinage constitue pour le chrétien, le moment où il se dépouille des fausses images de Dieu, alors que le piège consisterait à les garder.
Il se dépouille d'attachement à des habitudes ou à des rites qui ne sont pas essentiels, alors que le piège consisterait à les intensifier.
La suite du Christ, dont parlent les premiers textes chrétiens depuis l'Évangile «si quelqu'un m'aime qu'il vienne à ma suite», la suite du Christ est la définition même du pèlerinage.
Ceci amène certains auteurs, à considérer que toute l'histoire d'une vie croyante reste un pèlerinage : Péleriner vers ma patrie définitive qu’est le Cœur de Dieu !
Alors, pour ceux qui auront la joie de partir , mais aussi pour ceux qui essaient de vivre de leur mieux, je souhaite un beau et bon pèlerinage.
Votre curé : Père Michel







