LA VIE CONSACRÉE, SIGNE DE L'AMOUR DE Dieu DANS LE MONDE
Tout chrétien est consacré à Dieu dans le Christ par le baptême : consacrer quelqu’un, c'est le rendre sacré, le mettre à part pour Dieu. Le baptême ne comporte pas par lui-même l'appel au célibat ou à la virginité, le renoncement à la possession des biens, l'obéissance à un supérieur, sous la forme des conseils évangéliques. La profession de ces conseils suppose donc un don de Dieu particulier qui n'est pas accordé à tous, ainsi que Jésus lui-même le souligne dans le cas du célibat volontaire (cf. Mt 19,10-12).
Le caractère prophétique de la vie se présente comme une forme de participation à la fonction prophétique du Christ. Il faut donc relever les défis !
Les grands défis de la vie consacrée concernent les conseils évangéliques de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, et incitent l'Église, en particulier les personnes consacrées, à faire apparaître leur profonde signification anthropologique et à en témoigner.
Le défi de la chasteté consacrée c'est la charité animant notre relation à l'autre, relation de désir qui naît du manque et de la perception de la différence: « la chasteté nous conduit à l'accueil des autres dans leurs différences » .
Notre chasteté « nous engage à lutter contre la banalisation de l'amour et la commercialisation du sexe dans nos sociétés d'abondance. Elle nous pousse aussi à travailler à rendre à l'amour humain et à la sexualité leur véritable signification dans la relation aux autres » . C'est renoncer à la toute puissance, y compris la pleine maîtrise de soi-même.
Le défi de la pauvreté à vivre comme une richesse, celle du Christ qui nous révèle que le bien suprême ce n'est pas l'Argent devenu idole, mais le service du Père. « À la suite du Seigneur, c'est « préférer le service ceux qui sont pauvres d'une façon ou d'une autre, de ceux qui sont oubliés ou rejetés ».
Le défi de la liberté dans l'obéissance qui n'est plus soumission à un autre. Elle est adhésion amoureuse à la volonté du Père qu'un autre rend le service de nous manifester.
Là est le vrai nœud de l'obéissance libre : en ceci que nous dépendons totalement de Dieu sans cesser d'être libres ; Obéissance qui est consentement profond, total à l'agir présent de Dieu en nous. Un beau chemin de service.
Abbé Michel Boisaubert Institut des Prêtres du Cœur de Jésus







