" Prenant alors un enfant, Jésus le plaça au milieu des apôtres, l'embrassa, et leur dit : 'Celui qui accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c'est moi qu'il accueille. Et celui qui m'accueille ne m'accueille pas moi, mais Celui qui m'a envoyé.' " (Mc 9, 36-37)
Commentant cet évangile, Marie-Noëlle Tabut rappelle : à l'époque, l'enfant n'était pas "l'enfant - roi" comme on dit aujourd'hui ! En embrassant un enfant, Jésus ne glorifie pas la soi-disant innocence de l'enfance ; il embrasse la petitesse de ceux qui ne comptent pour rien aux yeux des hommes. C'est tout un programme.
Nous sommes donc invités à accueillir, EN SON NOM, tous ceux que la Bible nous donne en exemple comme les préférés de Dieu : les aveugles voient, les sourds entendent, les boiteux marchent et la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. C'est ce qu'indique Jésus comme premiers signes du Royaume de Dieu. Il y a là une priorité évangélique. Elle est sans doute un peu oubliée, ici ou là, puisque notre église, en France, s'est lancée dans une démarche sur trois années qu'elle a nommée "diaconia 2013" pour réveiller en nous le sens de cette démarche évangélique : À LA RENCONTRE DU FRÈRE.
L'actualité nous montre qu'aujourd'hui encore il ne va pas forcément de soi d'accepter les différences qui, pourtant, font notre richesse. Quel regard porté-je sur le Rom, le musulman, l'étranger, les SDF, les homosexuels, les divorcés et tous ceux qui, parce qu'ils ne sont pas, d'une manière ou d'une autre, "dans la norme" (sociale, religieuse, économique ou autre), interrogent ma propre manière d'être? Suis-je capable de les ACCUEILLIR comme des frères, ou sœurs, aimés de Dieu? Suis-je convaincu que leur différence même peut être pour moi source d'enrichissement dans un échange et un dialogue vrais?
Nous ne pouvons aller à Dieu que par nos frères. Saint Jacques nous rappelait il y a quelques semaines que la foi sans les œuvres ne servait à rien en concluant : " moi, c'est par mes actes que je te montrerai ma foi".
Que notre foi en Jésus-Christ se manifeste dans la rencontre de tous nos frères humains.
Bernard Mercier







