Châteaudun 1870 ! Nous étions en guerre !
Le 18 octobre 1870 marque une phase décisive dans la guerre franco-allemande.
Cet
événement montre un déchainement de violence sur une ville et sa population jusqu’à
incendier près de la moitié de la cité pour avoir résisté à l’envahisseur.
En effet, un noyau de francs-tireurs semant la terreur dans les lignes allemandes en
Beauce depuis septembre 1870 avait comme base la ville de Châteaudun. Après plusieurs
coups de mains contre les troupes allemandes, le commandement allemand devait
placer Châteaudun comme une cible prioritaire.
Le 18 octobre vers 12h00, un corps de 12000 Prussiens et Bavarois équipés d’artillerie, de
cavalerie attaque la cité dunoise avec la ferme intention d’anéantir ces francs-tireurs,
surtout les francs-tireurs de Paris sous le commandement du Comte Ernest de Lipowski.
De midi à 9 heures du soir, 30 pièces de canon envoyèrent sur la ville leurs obus et leurs
boulets. Les murs s’écroulaient, les toits s’effondraient ; les flammes de dix incendies
montaient vers le ciel, mais les défenseurs de Châteaudun tenaient toujours. Quand les
Prussiens eurent tourné les barricades, les nôtres se défendirent rue par rue ; puis enfin,
abordant l’ennemi sur la place, ils se précipitèrent sur lui la baïonnette en avant. Mais il
fallut céder au nombre, et alors, fièrement, les restes de cette troupe héroïque,
protégeant la sortie des habitants, abandonnèrent la ville. Le prince prussien et ses
officiers y cherchèrent en vain une maison intacte de l’incendie. Le Gouvernement de la
Défense nationale, voulant rendre hommage à la population et aux héroïques défenseurs
de Châteaudun, décréta le 20 octobre 1870 que cette ville avait bien mérité de la patrie.
Mac-Mahon, alors président de la République accorda la décoration de la légion
d’honneur, récompense de la bravoure, à la ville de Châteaudun, et, comme le dit le
décret du 3 octobre 1877, cette décoration figurera dans les armoiries de la noble cité,
posée en chef de l’écu ». Mais après la guerre, il faut bien construire la paix ! Même si
d’autres guerres ont fait bien des ravages, le cœur de l’homme aspire à la paix… Pas
seulement la paix des armes, mais la véritable paix qui s’appuie sur quatre concepts
fondamentaux.
La paix est fondée sur la Vérité : la vérité dans ce sens est la prise de conscience de ses
droits et de ses devoirs.
La paix est fondée sur la Justice : il ne faut pas seulement prendre conscience de ses
droits et de ses devoirs, il faut aussi les respecter.
La paix est fondée sur l’Amour : amour, c’est-à-dire le fait de voir les besoins des autres
comme les miens. C’est une définition de l’amour un peu exceptionnelle , parce qu’aimer,
c’est entrer dans les besoins des autres.
La paix est fondée sur la Liberté : c’est-à-dire suivre la raison et surtout prendre ses
responsabilités, se sentir responsable.
Le pape Jean XXIII dira que ces quatre fondements, ces quatre piliers — Vérité, Liberté,
Amour et Justice — sont quatre impulsions profondes du cœur humain : nous les
retrouvons toujours dans le cœur de tout être humain, qui suscitent la possibilité et la
chance de faire ce qu’il appelle une révolution spirituelle dans l’humanité. Puissions-nous ,
croyants ou incroyants, faire mémoire, nous souvenir et devenir , là où nous sommes de
vrais artisans de paix. Beau mois d’Octobre. Michel Boisaubert curé







