Voici la Toussaint
Toussaint, fête de tous les saints, les extraordinaires, les ordinaires, ceux de nos familles qui ont été pour nous « lumière et vie » ! Ils ont sûrement par leur tendresse été signes et témoins de la compassion de Dieu pour nous.
Ils nous rappellent que notre vie révèle la compassion de Dieu. Dieu est avec nous aujourd’hui, et nous voulons que d’autres fassent l’expérience de sa présence, une présence qui guérit, réconforte, console. C’est de cela qu’il s’agit : manifester, révéler, rendre visible la compassion de Dieu, de ce Dieu Tout-Puissant parce qu’il est devenu vulnérable. Comment faire cela ? Comment manifester la compassion de Dieu sans agir comme si nous étions Dieu ? On touche là ce qui est le cœur intime où Dieu se rend présent. Nous manifestons la compassion de Dieu par notre désir d’être présents aux autres. C’est là un des moyens de guérison les plus puissants. Nous devons avoir pleinement conscience de ce pouvoir de guérison qui est le nôtre. Nous manifestons la compassion de Dieu lorsque nous croyons que cela vaut la peine d’être avec l’autre, même si nous ne pouvons rien faire, même si nous ne voyons aucun résultat, même si nous ne constatons pas de changement. Le grand don que nous puissions faire à celui qui souffre, c’est de lui être présent, avec intelligence, mais d’être présent. Ce qu’il y a de plus important est de rendre les gens, conscients de leur capacité d’être présents, d’écouter, mais d’écouter vraiment. Beaucoup de gens croient qu’écouter veut dire s’asseoir et entendre les mots de celui qui parle. Écouter implique notre participation, notre engagement, notre réflexion. Nous devons écouter avec tout ce que nous sommes, nos mains, nos yeux, nos oreilles. Que l’autre sache que nous sommes vraiment là pour lui. Être présent à la personne, lui prendre la main, lui faire savoir que nous voulons sentir sa présence, que ce qu’elle dit révèle qui elle est, lui faire comprendre que nous voulons non seulement écouter son histoire, mais que nous voulons l’écouter avec notre histoire. Écouter l’histoire de l’autre avec notre histoire ne veut pas dire que nous ayons à parler de nous, à étaler nos problèmes. Cela veut simplement dire que nous devons écouter avec nos tripes, avec notre cœur, notre être, de sorte que l’autre puisse vraiment dire que nous sommes une personne et que nous sommes avec lui. Faisant cela, nous révélons la compassion de Dieu. Croire simplement que cela vaut la peine d’être ensemble et que de là jaillit la guérison. Nous savons que ceux qui nous ont quittés ne nous ont pas nécessairement laissés seuls ; il nous est arrivé d’en faire l’expérience : les membres de notre famille et nos amis qui sont morts nous ont montré plus clairement que nous ne dépendons pas d’eux mais de Dieu ; leur mort et leur départ deviennent une manifestation de la présence de Dieu. Alors , n’ayons pas peur de joindre notre prière à la prière des saints, c’est participer activement à la compassion de Dieu pour le monde. Belles et saintes fêtes. Michel Boisaubert Curé







