Novembre, la Toussaint, la fête des défunts et autres Halloween avec leurs citrouilles.
Mais aussi les merveilles de la lumière sur les couleurs des feuillages d'automne! Quel enchantement pour qui sait regarder; dépêchons-nous, cela passe si vite!
Nous sommes en marche vers l'hiver dont nous avons déjà adopté la nouvelle heure. Mais, comme disait mon grand-père, dans trois mois les jours rallongent!
Car ainsi va la vie: tout meurt pour mieux renaître.
Alors, je livre à notre réflexion ces propos du père Christian de Chergé, le prieur de Tibhirine, tirée d'une de ses homélies donnée pour la Toussaint 1976.
"La TOUSSAINT, c'est aussi un triomphe, une victoire, celle de ces élus en vêtements blancs, palme à la main. "Les gens du Paradis, ce sont les triomphateurs" dit le Coran, et le mendiant musulman dit au frère qu'il quémande: "Que Dieu te fasse mourir martyr, qu'il te ressuscite bienheureux!" C'est bien le langage des Béatitudes, et celui de toute la tradition de l'Église qui célébra d'abord, dans la Toussaint, la foule de ses martyrs inconnus. Ce triomphe, c'est sans doute celui de la justice... mais c'est surtout celui de la miséricorde de Dieu capable de réconcilier les frères ennemis par delà le combat aveugle où ils se sont entre-tués. Dans les efforts de compréhension mutuelle et d'oubli des injures passées et présentes... c'est vraiment cette communion des saints qui poursuit son œuvre de réconciliation. Pour que celle-ci aboutisse... c'est une éternité de sainteté qu'il faut incarner!... La Toussaint, c'est ainsi la réussite de notre humanité, une réussite définitivement acquise par la victoire du Christ sur tous les conflits nés du péché de l'homme."
Certes, Christian prononçait ces mots au cœur de cette horrible guerre civile qui devait, vingt ans plus tard, l'emporter avec ses compagnons. Mais je crois que nous pouvons y trouver des pistes pour nos propres situations de querelles. Bien sûr qu'elles ne sont pas de la même importance mais nous avons tous à découvrir comment nous enrichir de nos différences au lieu de les refuser. Que nos désirs de paix l'emportent sur ce qui nous divise: nous participerons ainsi véritablement à la communion des saints.
1er novembre 2011
Bernard Mercier







