Prendre la route autrement
Pendant qu’en Israël on érige un mur pour séparer Juifs et Palestiniens, pendant qu’en France on se scandalise devant le port de signes religieux, la liturgie chante Noël avec les mages.
Ces mages viennent d’ailleurs avec tout ce qu’ils ont d’étrangers. Ils traversent des frontières. Ont-ils des papiers en règle ? Ils ne viennent pas négocier la paix. Ils viennent voir un nouveau-né. Une naissance, de la nouveauté. Ils viennent voir l’avenir sur une planète qui a peur de la suite de son histoire. Ils cherchent un enfant comme une promesse dans un monde qui manque de désir vrai.
La fête de l’Épiphanie abolit les frontières et les murs. Elle rapproche les différents. Pas de lutte de classes ici. Pas d’affirmation de puissance et de despotisme. Rien qu’un enfant.
Le petit de Marie n’avait rien du leader qui va affronter l’occupant, rien du transgresseur des lois iniques, rien du chef et du roi éclaboussant.
Les mages ont découvert leur « Tout »! Tout est là : la vie, la simplicité, la confiance, l’affection, la tendresse, la paix : tous les ingrédients pour bâtir et non pour détruire, pour unir et non diviser. Tout est là pour vivre une fraternité, une solidarité humaine.
Le plus beau cadeau que le christianisme offre au monde, c’est l’Espérance. Une espérance en forme de Naissance, autrement dit une espérance qui porte de nouvelles possibilités. Espérer, c’est créer autrement.
Depuis deux mille ans, des hommes et des femmes tracent autrement les chemins de l’humanité. L’étoile qui les guide les appelle toujours ailleurs quand ils ont la tentation de revenir en arrière ou de s’installer dans les vieilles idées colonialistes de puissance orgueilleuse et d’égoïsme.
Le récit de l’Épiphanie peut sembler inoffensif à première vue. Mais, en fait, il est subversif comme un enfant peut l’être dans toute sa faiblesse et son innocence. Puissions-nous en ce début d’année, repartir autrement ! ! ! À Neuf ! Bonne et sainte année.
Votre curé : Père Michel







