Novembre, temps de la Toussaint, mais aussi temps des commémorations…

Célébrer la messe le jour de l’armistice de la première guerre mondiale nous fait sortir de ce qui pourrait être une amnésie collective qui entraîne de nouveau la violence. Nous faisons mémoire de tous ceux qui vivaient isolés dans les tranchées, au front et à l’étranger.

La mémoire n’est pas à confondre avec un souvenir ou une opinion. La guerre des tranchées n’est pas finie. C’est la façon de construire les tranchées et la manière de pousser pour y faire tomber qui a changé. Il y a bien des tranchées existantes qui ne sont pas visibles. Notre regard est donc dans l’obligation de faire un choix. Considérer celui qui vient d’une autre culture comme étrange ou comme une chance de grandir.

L’armistice signé le 11 novembre 1918, beaucoup l’avaient déjà signé dans leur cœur lorsqu’ils étaient pendant des jours et des nuits entières dehors à attendre dans la neige. Plus jamais ça. Mais la paix n’est pas une loi qui va de soi, elle est à vivre en nous. Le lieu invisible de la venue du règne de Dieu est notre cœur et par notre témoignage s’étend à l’amitié entre les peuples. Dieu se rend présent au monde dans son eucharistie, par les sacrements, mais aussi par nos mains quand deux hommes se donnent la paix, par nos yeux quand le regard ne dévisage pas l’étranger, par notre parole lorsque nous dialoguons avec l’autre à la manière de Dieu dialoguant avec son peuple dans la Bible.

Durant notre siècle et le siècle précédent, nous avons construit des tranchées mais aussi fait tomber des murs. La France et l’Allemagne sont devenues les piliers de la vie de l’Europe. D’ennemis, ces deux pays sont devenus des partenaires. Rendons grâce à Dieu pour cette Bonne Nouvelle qu’il nous adresse. L’Évangile est un chemin exigeant mais un chemin qui mène à la vie, ouvre, sauve et guérit. L’Évangile donne à percevoir la paix, à chacun d’apprécier la valeur de cette Bonne Nouvelle et de sa disponibilité intérieure qui appelle à la liberté véritable, au-delà de toutes les frontières possibles. Beau chemin de conversion.                                     Père Michel , votre curé.