Le temps d’été

Nous sommes liés les uns aux autres. Personne n'est une île isolée sur un immense océan. Personne ne peut vivre sans les autres. Il a fallu un homme et une femme pour nous faire naître.

Au-delà de nos besognes journalières, il y a le désir d’aller vers les autres. Nous construisons des maisons pour les habiter et y vivre nos rencontres. Nous traçons des chemins, des rues et des routes pour mieux nous rencontrer, partager un bout ou l'autre de la vie avec d'autres. Nous ne sommes pas faits pour vivre seuls. Il y a en nous un espace que d'autres peuvent habiter. Nous laissons la porte ouverte. Nous invitons à entrer. Oh, bien sûr, nous ne souhaitons pas être envahis, mais nous ne pourrions nous sentir heureux si personne ne faisait partie de notre intérieur. Le bonheur est lié étroitement aux personnes que nous habitons, et aux personnes qui nous habitent. Aussi cherchons-nous à tisser des liens. Nous faisons naître des amitiés. Nous créons des alliances.

Notre cœur est grand, vaste comme les planètes et les espaces intersidéraux. Il y a même en nous de la place pour Dieu. Saint Augustin disait: «Nous sommes faits pour Dieu et notre cœur n'aura de repos qu'en lui»! Nous reposer en lui, le faire reposer en nous. Dieu se reconnaît dans nos entreprises fraternelles, dans nos départs et nos mises en route, dans nos projets de rapprochement.

Dieu se sent à l'aise dans nos amitiés et nos alliances. Et il perçoit nos amours comme autant d'invitations qui lui sont adressées pour qu'il vienne à nous. Il emprunte alors les multiples chemins que nous traçons entre nous pour venir lui-même nous rencontrer. Que ce temps de vacances nous aide à la rencontre vraie, à l’émerveillement et au repos.

Bon temps d’été. Abbé Michel Boisaubert