Le Cénacle
Il y a quelques jours, nous étions avec les Pèlerins de Terre Sainte au Cénacle à Jérusalem. Quelle importance pour chacun de nous ! Le premier lieu du Cénacle, c’est le lieu de la Cène, le lieu du dernier repas de Jésus.
C’est donc le lieu du don de sa vie que fait Jésus, par amour pour nous, pour aller jusqu’au bout de la fidélité à Sa mission. Geste du pain et du vin qui signifie qu’il entre librement dans sa passion, qu’il se livre totalement. Mais le deuxième lieu du Cénacle, est entre Pâques et Ascension. Ce temps commence bien par la peur et l’enfermement : « Le soir de ce même jour...toutes portes closes par peur...là où se trouvaient les disciples, Jésus vint... » C’est un lieu de passage, un temps de passage de la peur à la foi qui prend du temps ! C’est un lieu où l’on se laisse éduquer par Jésus, où on le laisse nous pacifier. Mais il y a un 3ème temps, celui entre Ascension et Pentecôte. C’est le temps du Cénacle entre Ascension et Pentecôte. Entre Ascension et Pentecôte c’est le consentement à une absence pour une autre présence. Le Christ est parti, ils attendent le Sant Esprit.
Entre Ascension et Pentecôte, ce temps du Cénacle est éducation à voir le Christ d’une autre manière, se familiariser à un autre forme de présence Le jour de la Pentecôte, on y voit cette première communauté, d’homme et de femmes réunis ensemble. Cela nous indique une première attitude spirituelle à garder précieusement, à cultiver. Viser la communion. Se trouver des lieux de partage, s’y investir. Il s’agit de faire l’expérience d’une présence du Christ, selon la promesse faite : « Quand deux ou trois soient réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux ». La communauté est lieu de présence du Christ, au milieu d’elle, en elle. Corps du Christ. « Tous d’un même cœur, étaient assidus à la prière » Prier pour : Devenir d’autres Christ. En contemplant le Christ, je me mets en situation de suivre le Christ, comme les disciples qui l’ont suivi sur les routes de Palestine. Le fréquenter pour lui devenir semblable. Le regarder, l’écouter pour regarder comme il regarde. Saisir sa manière d’aimer, me laisser aimer par lui pour qu’il puisse me transformer pour aimer à mon tour par lui. Il s’agit ensuite de chercher et de trouver le Christ au cœur même de l’action. Le monde comme lieu pour trouver Dieu, le monde comme lieu de Dieu. Cela rejoint la phrase d’Ignace de Loyola : « Chercher et trouver Dieu en toutes choses » Ensemble, dans la contemplation du Christ et l’écoute de l’Esprit, pour être apôtre, voici ce temps du Cénacle entre Ascension et Pentecôte. Un temps et un espace dont on ne peut faire l’impasse si l’on veut que sa vie chrétienne devienne de plus en plus vivante. Sainte fêtes Pascales. Père Michel Boisaubert







